La première du cinéma français à Blagovechtchensk

Le cinéma français a beaucoup d’amateurs en Russie, il est particulièrement réputé parmi les cinéphiles russes. Depuis déjà des années le cinéma français est accueilli traditionnellement dans le cadre d’une semaine itinérante dans plusieurs villes de Russie. Pendant toute une année il fait le tour du pays d’est en ouest, de Vladivostok à Kaliningrad. Et tous les ans les organisateurs – l’Ambassade de France, l’Institut Français et les Alliances Françaises – proposent au public russe plusieurs longs et courts métrages de tous les genres et une rétrospective d’un des monstres sacrés du cinéma français.

En 2004, le cinéma français est venu pour la première fois à l’est dela Russie, à Vladivostok. Au cours des années, son succès ne faisait que grandir : à toutes les séances, pendant une semaine, «des salles obscures» étaient pleines à craquer !

Malheureusement, un très grand territoire dela Russie, de Vladivostok à Irkoutsk restait exclu du tour glorieux du cinéma français. L’idée de l’Alliance française de Vladivostok d’amener le cinéma dans une des villes de l’Extrême-Orient voguait depuis déjà trois ans, jusqu’à cette année ou plus rien n’a empêché qu’elle se réalise !

Et c’est ainsi que la toute première semaine du cinéma français a eu lieu à Blagovechtchensk du 11 au 15 février 2012 ! Cet événement est un des plus marquants dans l’histoire du développement de la francophonie de la région Amourskaya. C’est en effet la première fois que nous avons réussi à réunir un large public de Blagovechtchensk autour d’une manifestation culturelle francophone.

Soutenue par la mairie de Blagovechtchensk et par l’Université pédagogique, l’Association des enseignants de français de la région d’Amourskaya s’est lancée dans des préparations qui n’ont quand même pas été faciles ! A commencer par le fait que cette idée de mettre en place une toute première semaine du cinéma français à Blagovechtchensk a été examinée et acceptée avec beaucoup d’attention et de précaution par les cinémas locaux !

Une grande campagne publicitaire lancée par l’Agence d’information et de publicité régionale «AmurMédia» à la chaîne de la région Amourskaya aussi bien que la diffusion des informations sur les forums et blogs locaux nous a permis d’attirer un public nombreux à notre événement.

Le 11 février, le jour le l’ouverture de la semaine du cinéma français, toutes les places de la petite salle du Centre culturel public de Blagovechtchensk ont été vendues ! Dix chaises supplémentaires installées, et des dizaines de personnes dans le hall errant vainement à la recherche d’un billet «de trop».

Une brillante chanteuse de talent, l’étudiante de l’Université pédagogique de Blagovechtchensk, Lada Lartseva a commencé  la cérémonie d’ouverture par une chanson en français «Paris». Mlle Emma Lavigne, la représentante de l’Alliance française de Vladivostok est venue pour saluer les amateurs du cinéma français de notre ville tout en les remerciant pour leur intérêt particulier porté à cet événement.La Vice-présidentede l’Université pédagogique, enseignante du département de français, Mme Tatiana Karguina a parlé de la magie du cinéma français et a fait une brève excursion dans son histoire. Les animateurs de la cérémonie d’ouverture, les étudiants Ekatérina Kiritchenko et Evguéniy Krasnov ont présenté la programmation des manifestations culturelles francophones à Blagovechtchensk et dans la région Amourskaya pour cette année croisée France-Russie 2012 : langues et littératures.

La première a eu du succès ! On pouvait déjà le constater avant qu’elle commence car une grande partie des billets aux séances avait été vendue. La rétrospective de Nathalie Baye et les courts métrages nominés au prix Lutin 2010 ont réuni un grand nombre de spectateurs pendant 5 jours.

Laissons-leur la parole !

Ludmila Medvédeva, retraitée : Vous savez, il y a 4 ans je suis allée à Paris avec mon petit-fils. С’était mon vieux rêve de voir la belle capitale française et puis je voulais montrer le Disney Land à mon petit-fils ! Paris m’a marquée pour toujours ! Je suis reconnaissante aux organisateurs de la semaine du cinéma français grâce à laquelle j’ai eu la chance de mieux connaître la culture de France et revoir Paris ! Moi et mes amis, nous sommes allés voir tous les films. C’est dommage que ça n’ait duré que cinq jours !

Natalia Poskannaya, employée : J’ai beaucoup aimé la semaine du cinéma français qui vient d’avoir lieu à Blagovechtchensk. Malheureusement, je n’ai pas pu aller voir tous les films. Mais l’avis de mes amis qui ont vu les films que je n’ai pas vus est très enthousiaste ! Je remercie les organisateurs pour cette possibilité de voir les films en version originale sur un grand écran. Des événements pareils sont indispensables pour la vie culturelle de notre ville. Tous les films sont assez particuliers, ils attirent notre attention sur des problèmes sociaux, font réfléchir sur des thèmes différents.  Il est impossible de dire nettement par rapport à de tels films “j’aime” ou “je n’aime pas”, ils demandent à réfléchir, analyser, à tirer des enseignements. J’aurais deux souhaits : indiquer sur le programme des limites d’âge pour chaque film et organiser des séances le soir. J’attendrai avec impatience une fête pareille l’année prochaine !

Andrey Velessuk, journaliste : Moi, jeune Russe, j’ai grandi avec les films hollywoodiens où une voiture explose à cause d’une collision avec un oiseau, où les jeunes filles sont toutes des supers mannequins, et où le héros principal est capable de combattre seul et sans arme contre un détachement d’ennemis même après avoir reçu trois balles dans la tête. Bien sûr, j’exagère, mais je crois que c’est justement la tendance générale de ces films. Les films français m’ont étonné par leur sincérité et par quelque chose de … très français, je dirais. Si c’est de l’humour c’est à rire par terre, si c’est un drame, c’est à pleurer. A propos, si je peux juger d’après deux films que j’ai vus, les hommes sont très élégants en France. Par contre, il n’y a pas beaucoup de belles femmes en France. Ou peut-être je suis trop gâté ici, en Russie Extrême-orientale.

Serguey Nifachev, retraité: Moi, quand j’étais jeune, j’habitais Leningrad. Je me souviens donc des festivals du cinéma français de l’époque soviétique. C’était toujours très bien organisé, avec la traduction directe au micro dans la salle. Je respecte fort tous les efforts des organisateurs mais je suis certain qu’il faut organiser cette manifestation autrement : avant les séances, il faut faire des conférences, parler aux spectateurs du cinéma français, de la société française en général. Il faut préparer le public à ce qu’il va voir pour mieux comprendre, lui donner la possibilité de poser des questions et recevoir des réponses. Il serait bien que le Ministère de la culture de la région Amourskaya vous soutienne dans cette action et que la prochaine fois ça soit une vraie fête française!

Ludmila Pavlova, employée: Je n’ai pas pu voir tous les films. Moi et mes collègues, nous sommes allées voir les courts métrages. À mon grand étonnement, la salle était pleine de monde. Une agréable musique de ce pays rendait l’atmosphère de la salle encore plus française et nous plongeait dans le monde du cinéma d’auteur. Quand le film a commencé, il m’était d’abord difficile de comprendre parce que je devais lire des sous-titres et en même temps voir le jeu des acteurs, leurs émotions. En plus, je ne connais pas du tout le français. Peu à  peu je me suis habituée. L’un après l’autre, des films passaient, et malheureusement, je n’avais pas le temps de réfléchir à chaque histoire.  Par contre, une fois rentrée à la maison je réfléchissais à ce que j’avais vu, je m’imaginais des suites à ces histoires et  revoyais des personnages… Contrairement aux blockbusters américains ce cinéma fait réfléchir.

Daria Vikhreva, étudiante : J’aime tous les événements culturels qui instruisent et enrichissent intellectuellement. Le cinéma français est assez spécifique. Je n’ai pas beaucoup apprécié le film « Le petit lieutenant » qui parlait de la mafia russe. Peut-être que certains d’entre nous seraient déjà habitués à cette image des Russes dans le cinéma étranger. Quant à moi, il m’était désagréable d’entendre des gros mots russes, c’était assez choquant. Par contre, j’ai bien aimé les courts métrages, surtout « Malban » d’Élodie Bouedec. Il est très beau, il m’a replongée en pensées dans mon enfance. J’aimerais bien que la prochaine fois il y ait plus de comédies, plus de films sur la culture française pour que les spectateurs de Blagovechtchensk puissent faire connaissance de plus près avec cette culture vraiment extraordinaire.

Viktoria Podgornaya, étudiante :  J’ai regardé le film “Le petit lieutenant”. Malgré des critiques, je crois que les grossièretés en russe l’ont rendu encore plus impressionnant. Bien que ça ait raisonné un peu fort !  En général, je voudrais dire qu’il m’a été agréable de compter tant d’amateurs du cinéma français à Blagovechtchensk. Merci aux organisateurs d’avoir élargi nos horizons qui sont, il faut l’avouer, parfois assez limités.

Daria Tikhomirova, étudiante : J’attendais la semaine du cinéma français avec beaucoup d’impatience dès que j’ai appris la nouvelle qu’elle aurait lieu à Blagovechtchensk! C’était assez inattendu pour moi car avant il n’y avait jamais eu d’événement pareil dans notre ville. J’ai eu des sentiments si divers sur les films que j’ai vus ! C’est justement ça qui me passionne, cette diversité émotionnelle, quand on ne peut pas donner une appréciation univalente à ce qu’on ressent, tant il y a d’émotions, d’idées, d’humeurs et d’associations. J’ai bien aimé le film « Ensemble c’est trop », il me semble que certains d’entre nous se sont reconnus dans les personnages du film et les histoires comiques passées avec eux.  Pour ce qui est du film « Le petit lieutenant », je crois qu’il nous a rappelé que chacun de nous participe à la création de l’image nationale dans les esprits étrangers. C’est pourquoi il faut faire attention dans notre  communication avec les étrangers à ne pas les conforter dans ces stéréotypes sur les Russes qui sont souvent faux. Par contre, nous savons bien que ces clichés ne surgissent pas sans raison. Je remercie fort les organisateurs de la semaine du cinéma français d’avoir enrichi la vie culturelle de Blagovechtchensk et j’attendrai avec impatience l’édition 2013 !

                    

                    

À propos KirillDmitruk
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